Élections législatives La difficile équation

(Rédigé par Noureddine Benchekroun)
Une lecture très attentive des résultats des élections législatives du 23 septembre nous amènent à analyser ces chiffres sous trois angles.
Le premier concerne le Parti Authenticité et Modernité (PAM), qui, après 18 ans arrive en tête de liste.
Le deuxième fait référence au parti Justice et développement
( PJD) qui est passé de 13 sièges en 2021 à 54 actuellement, une avancée réalisée grâce aux défaillances qui ont marqué le gouvernement Akhannouch du Rassemblement national des indépendants (RNI).
Le troisième angle, et qui se complique de jour en jour, c’est la question des alliances. En effet, le citoyen Marocain suit très attentivement l’évolution de la situation, primo en raison des déclarations contradictoires de Fatima Zahra El Mansouri dirigeante du PAM, concernant l’alliance avec le RNI, et en second lieu, l’affaire de doutes de falsification des urnes à Tanger et qui prend le dessus des événements.
A rappeler que selon l’article 47 de la constitution, SM le Roi désigne le chef de gouvernement, choisi du parti tête de liste des élections législatives.
Après trois jours de la déclaration des résultats, le palais tarde encore à désigner le nouveau chef de gouvernement.
En attendant cette désignation, disons que le taux de participation à ces élections n’a pas dépassé 38%, il s’agit du deuxième pourcentage le plus faible depuis l’indépendance, après celui enregistré en 2007
( 37%).
Mais il ne faut pas comparer ce taux avec celui réalisé en 2021
( 50,35%), ce dernier a engendré les élections législatives et communales, sachant que ces dernières connaissent toujours une grande affluence des citoyens parce qu’elles sont en lien direct avec leur quotidien.
Cependant, force est de constater que ce faible pourcentage reflète une perte de confiance entre l’électeur et les partis politiques et montre également que les citoyens n’acceptent plus que les mêmes visages réapparaissent à chaque rendez- vous électoral.
Outre, et de l’avis de la majorité du peuple marocain, le gouvernement Akhannouch est considéré comme le plus faible que le Maroc ait connu depuis le gouvernement de transition guidé par feu Si Abderrahman El yousfi et l’accession au trône de SM le Roi Mohamed VI.
Maintenant, parlons un peu des chiffres et des probables alliances.
En effet, en se référant au seuil de 198 sièges parlementaires qui doivent être requises au moins pour arriver à une majorité qui serait en mesure d’adopter son programme, et en se référant à ce que les résultats actuels ont produit, une nouvelle- ancienne alliance du trio
( PAM, RNI, PI) dissoudra plus le processus démocratique dans le dissolvant du manque de confiance déjà instauré dans l’esprit du citoyen vis-à -vis de ses institutions représentatives.
Cette probable alliance chiffrée à 228 sièges, pourrait drainer facilement le mouvement populaire MP (29) et l’Union constitutionnel UC (17), soit un total de 46 , et on aura une alliance de 274 sièges.
Donc, même si toutes les autres formations passent à l’opposition, cette majorité serait en mesure d’adopter son plan de travail.
Ce qui est certain, c’est qu’après la réunion de son conseil national, le parti de justice et modernité ( PJD), a pris la décision de passer à l’opposition.
En effet, avec 54 sièges et une coalition probable avec l’alliance de la gauche ( 8 sièges), l’opposition aura son mot à dire, et le prochain gouvernement sera sollicité à tout instant.
Pour les autres formations dont les plus importantes , le PPS et USFP, ils peuvent basculer d’un camp à un autre en fonction des décisions de leurs conseils nationaux, même si le parti de Driss Lachgar n’est pas à son plus beau jour.
Entre Fatima Zahra El Mansouri et Faouzi Lakjaa, la balance pour la résolution de cette difficile équation penche vers le technocrate, homme d’État, n’est politisé que très récemment et qui a une popularité incontestable vu les exploits footballistiques réalisés grâce à sa bonne gouvernance.
Cela dit, le dernier mot viendra du palais, et en politique tout est possible.
Marrakech le 27/09/2026




