Faouzi Lakjaa Nouveau leader du PAM

A quelques jours des législatives du 23 septembre, l’adhésion de Faouzi Lekjaa au PAM rebat les cartes.
Entre critique du bilan gouvernemental et promesse d’un nouveau style, le ministre du Budget s’impose déjà comme le nouveau leader du parti de l’Authenticité et de la Modernité ( PAM).
Une adhésion qui n’a rien à voir avec celle d’un simple militant voulant enrichir son expérience politique et évoluer au sein du parti à la manière démocratique.
En effet, l’homme a entamé son entrée par un petit discours qui trace une stratégie de travail et une feuille de route pour l’avenir proche et lointain de ce parti, en se basant sur les défaillances du gouvernement de Aziz Akhannouch patron effectif du Rassemblement National des indépendants ( RNI), gouvernement, auquel il faisait partie.
A l’entendre très attentivement et en s’arrêtant sur chaque mot prononcé, Faouzi Lakjaa veut transmettre aux Marocains qu’il n’y avait pas d’unanimité au sein de la coalition gouvernementale concernant les décisions qui ont pesé sur le pouvoir d’achat du citoyen appartement à la classe moyenne et déshéritée.
La preuve incontestable de l’existence de ces divergences au sein de l’actuel gouvernement est la déclaration supposée interne et confidentielle mais divulguée intentionnellement du membre du bureau politique du RNI et président de la chambre des députés, Rachid Talbi Alami, qui n’a pas mâché ses mots pour bombarder le rapprochement de Faouzi Lekjaa avec le PAM.
A vrai dire, et ce qui confirme la véracité du contenu de la déclaration du ministre du budget qui a dévoilé les contradictions sévissant au sein du gouvernement de Aziz Akhannouch, c’est qu’elle est restée sans réponse de la part des décideurs du RNI.
Il paraît que l’homme s’est bien préparé pour affaiblir le parti RNI dont les prestations n’étaient guère conformes aux attentes des marocains.
Outre, dès les premiers jours de l’intégration de Faouzi Lakjaa aux rangs du PAM, déjà un premier peloton de dissidents RNI l’a rejoint.
Certes, une migration qui n’a aucun fondement idéologique, puisque les deux partis demeurent des coquilles vides concernant ce volet.
En effet, leurs histoires sont connues en tant que partis créés à certaines époques pour affaiblir les partis nationalistes, néanmoins, ils sont devenus des acteurs principaux de la scène électorale marocaine.
Revenant aux qualités de ce technocrate qui, paraît-il, s’est constitué un actif politique lui permettant d’entamer ce parcours avec aisance.
Outre, l’homme, s’est déjà distingué par un langage précis et familier, utilisant le darija marocain la plus simple et compréhensible par l’ensemble de la population, loin des discours populistes.
Cette qualité est presque introuvable chez les leaders politiques marocains, qui, soit utilisent beaucoup de termes d’arabe classique, soit des passages en français, tous les deux demeurent incompréhensibles par la majorité et peuvent même dévier le sens des messages contenus dans les discours.
Ajouté à cela, Faouzi Lakjaa a une manière de communiquer très intelligente, loin d’être émotionnelle, mettant l’accent sur le travail du terrain et la compétitivité basée sur les compétences, le tout, au profit des politiques publiques.
Ce type de sagesse et de calme dans la communication s’est perdu dans l’arène politique depuis plusieurs décennies, un espace devenu source de conflits parfois nuisible à “l’image de marque” de la démocratie marocaine.
Et le plus marquant, c’est que, pour la première fois, un ministre sort pour évoquer le manque de performance et décèle les failles du gouvernement auquel il faisait partie, affirmant que ces défaillances étaient critiquées par certains membres de la coalition gouvernementale, mais Aziz Akhannouch et son équipe avaient le dernier mot.
Aujourd’hui, le PAM vient de dresser un programme électoral très ambitieux avec des promesses de réalisation qu’on espère nous fera oublier les déclarations d’il y a cinq ans de Rachid Talbi Alami.
Le peuple Marocain a goûté de toutes les recettes ( gauche, islamiste et liberal ) le plat est resté amer.
Fort heureusement pour le Maroc guidé par un Roi qui lance et supervise de près les grands chantiers structurants du pays.
Marrakech le 07/09/2026 Noureddine Benchekroun




